Crédit immobilier
La faute au continent américain |
En origine, la phase de déséquilibre des subprimes, prêts accordés avec trop de facilité, à des emprunteurs à risque et qui se sont chargés d’appuyer l’accélération à la chute du marché de l’immobilier américain. Les crédits immobiliers français paient les pots cassés. En juillet, le Premier ministre français, François Fillon, avait pourtant sollicité la compréhension des banques afin de ne pas fermer la porte du coin crédit… aux entreprises. Message compris opérationnellement par les banques, qui ont pris leur revanche sur les particuliers. Pour Patrick-Michel Khider et Bernard de Crémiers, cofondateurs du réseau d’agences Laforêt, la déception est au rendez-vous : « aujourd’hui, on entame seulement l’estimation du choc psychologique de cette crise. Quand le crédit agricole prend une giffle en perdant 250 millions d’euros aux Etats-Unis, cela modifie le comportement du conseiller d’en face »
Pour diminuer ses engagements, un banquier a deux solutions :
-Soit hausser ses taux pour qu’une fraction de futurs clients n’est pas la possibilité de suivre la hausse des mensualités.
-Soit raffermir les exigences d’accès et sommer de meilleures(et souvent plus onéreuses) assurances.
Cette année, les deux options ont été utilisées.
Jusqu’en fin 2006, les débiteurs jouissaient, il est vrai, de formalité ahurissante. Le taux pour acquérir sa maison était moindre de presque un demi-point à celui auquel l’Etat français prêtait pour compenser l’insuffisance budgétaire. Hallucinant.
Pour un banquier c’est aberrant, comment procède t-il ? Avec ses confrères il rehausse ses taux à l’honneur de l’instabilité financière de l’été, qui à d’un cran, fait croître les taux des marchés financiers. Et quand les confrères ont retrouvé leurs esprits, la répercussion de la baisse a été omise. Mais Pierre Fortis, directeur du marketing à LCL, a une justification : « La hausse de juin a terminé le travail entamé avec celle de fin 2006, conséquence : en quelque mois, le coût total d’un crédit a été renchéri de 4,4%. Cela a suffit à désolvabiliser ceux des emprunteurs qui étaient limite-limite »
Autre explication donnée par Cyril Blesson, économiste au Bipe, bureau d’études qui publie chaque année des prévisions sur l’immobilier, pour lui il est question de quasi-hold-up : « Les banques ont capté l’équivalent du pouvoir d’achat qu’avaient apporté les acheteurs, la déductibilité partielle des intérêts d’emprunts octroyée par le gouvernement ! »
Et ce n’est qu’une part de la réalité, les banques se sont mises à chicaner sur la qualité de leurs futurs clients. L’assouplissement au niveau de la sélection des dossiers dans les banques s’est vu remarquée ces dernières années afin bloquer les attaques de la Banque postale, en période de recrutement de clientèle, et des Caisses d’épargne, toujours très combattive sur l’immobilier. Durant l’été, l’étoffe s’est resserrée, ceux qui ont su ou pu s’y faufiler, bénéficie d’un statut haut de gamme. |