Balayé par un vent de panique, l’indice CAC40 a connu le 21 janvier un « lundi noir » en chutant de 6,8% à 4744,45 points. L’indice a aussi perdu 16% depuis le début de l’année. Les principaux accusés sont des poids lourds du CAC 40, à l’exemple la Société générale, BNP Paribas et Axa.
Le début de ce mouvement de « vente à tout prix » se situe aux Etats-Unis, quand, le 18 janvier, l ‘agence de notation Fitch a baissé de deux crans la note du rehausseur de crédit Ambac Financial Group, ramenée de « AAA » à « AA ».
La contagion partie des Etats-Unis se propage.
Affectées seulement d’une vingtaine de milliards de dollars de fonds propres, les rehausseurs de crédit américains se sont portés garant de 2400 milliard de dollars d’obligations dont un tiers est affecté par la crise des crédits immobiliers « subprime ». Des analyses financières ont aussitôt appréhendé une vague dépréciations d’actifs dans certaines banques, comme Dexia et la Société générale.
Par malheur, la crise du « subprime » va faire encore des siennes au cours du premier semestre, où l’on prévoit un sommet de remboursement de crédits hypothécaires aux Etats-Unis. Les investisseurs se demandant toujours où sont passés les montagnes de mauvaises créances hypothécaires. Les présentations à venir des résultats 2007 des groupes financiers européens et asiatiques vont permettre bientôt de faire le point à ce sujet.
Une autre raison d’inquiétude touche la situation de l’économie américaine, qui traverse déjà une crise immobilière et dont les banques sont fragiles. Selon le FMI et la Commission européenne, il n’est pas impossible que les Etats-Unis aillent dans une phase de récession, ce qui aurait malheureusement un impact sur la croissance européenne.
Les valeurs de l’assurance sont fragilisées.
Apres avoir ouvert en baisse de 5% mardi dernier, le marché parisien s’est ressaisi à mi-séance, résultante de la décision surprise de la banque fédérale américaine de diminuer ses taux directeurs de 75 points de base. Une aide qui a le mérite d’avoir une transmission rapide à l’économie, contradictoirement au plan de relance de George Bush, vu comme un coup d’épée dans l’eau. Toutefois, la modification du coût de l’argent aux Etats-Unis aura un impact sur l’euro, considéré comme trop « fort ».
Nulle valeur du secteur de l’assurance n’a échappé à la razzia. Les plus fortes baisses depuis le début de l’année 2008 touchent les petites valeurs (Scor, Euler-Hermes) et des acteurs présents aux Etats-Unis comme Aegon et Axa. Dans cette situation, la forte volatilité des actions risque de revenir sur le tapis des discussions au sujet de la solvabilité.
Pourqoui tous les assureurs sont concernés par la baisse du marché?
Suivant les derniers chiffres de la FFSA, 24,1% des actifs des assureurs français investissaient sur les marchés d’actions fin 2007. Une chute du CAC 40, telle qu’on l’a constatée en début de semaine, ne laisse donc aucun investisseur indifférent ? Incontestablement, les mutuelles ne sont pas cotées. Mais fréquemment très présentes en dommages, une activité où les Français sont habituellement, plus investis en actions que sur l’activité épargne.
Les transferts « Fourgous » de 2007 sur la sellette
En épargne, une autre menace qui pourrait se profiler est celui du « misselling » (vente mal conseillées) sur les transferts « Fourgous ». Fin décembre 2005, quand ont été établis ces transferts, le CAC 40 était aux alentours de 4700 points. Un an plus tard, tout se passait bien, il avait progressé de 20%, à 5650 points, et tous ceux qui avaient opté pour une transformation s’en félicitaient. Mais depuis, ces gains se sont effacés. Et ceux qui ont modifié leurs contrats en 2007 ont sans doute déjà éventuellement perdu de l’argent…
Depuis décembre 2005, on compte 1,3 million de contrats qui ont été modifiés, pour 47M d’euros investis, à 31% sur des supports en UC. Reste à espérer que ces épargnants auront tous l’impression d’avoir été bien conseillé même après la baisse des marchés.
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